Édition (en cours de préparation) de la correspondance croisée de Louise Cruppi et Romain Rolland

La correspondance de Louise Cruppi et de Romain Rolland, compte 1 092 lettres, dont 535 de Cruppi et 557 de Rolland, échangées entre 1905 et 1925[1]. De par sa longue durée, ainsi que l’importance des deux correspondants dans les champs littéraires, musicaux et politiques, elle contient des informations importantes concernant de nombreuses figures de l’époque. Elle touche à de multiples sujets tels le deuil, la spiritualité, la première guerre mondiale, et la place des femmes dans la société du début du vingtième siècle, pour n’en nommer que quelques-uns. Les deux articles de Philippe Rodriguez, le premier à avoir étudié cette riche correspondance, privilégient une approche biographique[2]. Jean-Yves Brancy décrit la relation entre les écrivains dans son article, « Sur les pas de Romain Rolland pyrénéen… »[3]. Nous l’avons nous-même abordée sous l’optique du magister, ainsi que de la relation entre public et privé dans les correspondances d’auteurs[4]. Plusieurs autres possibilités d’analyse existent et nous espérons qu’en rendant la correspondance accessible en format numérique, celles-ci seront favorisées.

Nous tenons à remercier nos assistants de recherche, tous étudiants de premier et deuxième cycles de l’Université de Guelph, qui ont effectué la transcription de ces lettres à partir d’un document PDF des lettres manuscrites originales qui se trouvent à la Bibliothèque nationale de France (Fonds Romain Rolland, NAF 28400, Département des manuscrits, 58, rue de Richelieu, 75002 Paris): Kylee Erwin, Rhian Collings, Emma Cooper, Connor Maitland, Lidia Van Niekerk, Rosalie Fortin Choquette et, tout particulièrement, Leslie Thompson. Nous remercions aussi le Prof. Bernard Duchâtelet pour son soutien de ce projet et pour les tapuscrits qu’il a partagés avec nous, faites à partir des lettres de Romain Rolland à Louise Cruppi.

Nous publierons la correspondance en tranches chronologiques, privilégiant d’abord sa transcription. Nous envisageons dans un deuxième temps de partager les reproductions des lettres originales ainsi que les tapuscrits des lettres de Romain Rolland.

Margot Irvine, janvier 2019

 

[1] Chiffres fournies par Philippe Rodriguez, « Romain Rolland et Louise Cruppi, une correspondance inspirée », Cahiers de Brèves, no 26, décembre 2010, 31. https://www.association-romainrolland.org/image_articles26/Rodriguez26.pdf À titre de comparaison, elle est un peu plus longue que les correspondances que Rolland entretient avec ses amis Stefan Zweig (presque 1000 lettres) ou Jean-Richard Bloch (600 lettres). (Voir Siegrun Barat, « Romain Rolland et Stefan Zweig, une amitié à l’épreuve des guerres », Cahiers de Brèves, no 24, décembre 2009, p. 22a, https://www.association-romainrolland.org/image_articles24/Barat24.pdf et Roland Roudil, « Figures du maître et du disciple dans la correspondance Romain Rolland – Jean-Richard Bloch (1919-1944) », dans Jean-Marc Hovasse et Pierre-Jean Dufief (dir.), Travaux de Littérature. vol. XXX, Correspondance et magistère, Genève, Droz, 2018, p. 289.)

[2] Art. cit., et Philippe Rodriguez, « Mme Jean Cruppi, un prénom, un visage, une vie », Cahiers Maurice Ravel, no 13, 2010, p. 126-148.

[3] Jean-Yves Brancy, « Sur les pas de Romain Rolland pyrénéen… », Cahiers de Brèves, no 26, décembre 2010, 32-37.  https://www.association-romainrolland.org/image_articles26/Brancy26.pdf

[4] Margot Irvine, « ‘C’est cette certitude qui est dans vos lettres que je viens souvent vous demander’ : La Correspondance de Romain Rolland et de Louise Cruppi », in Travaux de Littérature. Vol. XXX. « Correspondance et Magistère », s. la dir. de Jean-Marc Hovasse et Pierre-Jean Dufief, Genève, Droz, 2018. 281-288, et « « Rien ne sera plus beau que ces lettres » : la correspondance de Romain Rolland et de Louise Cruppi », in Études françaises, 55.1 « Entre public et privé, lettres d’écrivains depuis le XIXe siècle », 2019, à paraître.